Brésil : Le sort du président entre les mains de la justice électorale

Le Tribunal Supérieur Électoral (TSE) du Brésil a débuté mardi un jugement crucial qui pourrait entraîner la chute du président conservateur Michel Temer, une procédure qui reprendra mercredi pour statuer sur la validité du scrutin présidentiel 2014.

Ce jugement porte sur des accusations de financement illégal de la campagne de cette élection qui a reconduit au pouvoir la présidente de gauche Dilma Rousseff, remplacée il y a un an par M. Temer, qui était son vice-président avant qu’elle soit destituée pour maquillage des comptes publics.

La décision finale, qui pourrait tomber jeudi, doit être prise de façon collégiale à la majorité des sept juges qui composent le TSE, mais la procédure peut encore être prolongée de plusieurs semaines si l’un d’eux demande à suspendre les débats pour réexaminer les preuves.

Le rapporteur Herman Benjamin, premier à voter, a reporté à mercredi matin l’annonce de sa décision, qui pourrait donner le ton de ce jugement à haut risque pour le chef d’État, fragilisé par de graves accusations de corruption.

La crise a atteint un tel paroxysme que de nombreux observateurs considèrent que la décision pourrait être influencée par le contexte politique, une thèse rejetée par le rapporteur du TSE.

Mais le procureur Nicolao Dino a rétorqué que l’élection était « clairement entachée d’abus de pouvoir économique ».

En cas d’invalidation de l’élection, la cour devra déterminer si M. Temer abandonne le pouvoir immédiatement ou s’il peut rester au palais de Planalto jusqu’à l’épuisement des recours, au risque de plonger davantage le Brésil dans l’incertitude.

Le TSE pourrait également dissocier le ticket Rousseff-Temer, par exemple en condamnant l’ex-présidente à une peine d’inéligibilité, tout en innocentant M. Temer.

(LeRelais avec AFP)

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