DJ Snake et Najwa Karam acclamés par le public

Le phénomène de la scène électro et la star libanaise ont fait sensation pour la 6e journée de Mawazine, qui a mis à l’honneur la musique du Sud du Maroc.

Il n’a cessé de récolter prix et certifications depuis son premier Grammy en 2011 pour son travail en tant que co-producteur sur l’album Born This Way de Lady Gaga, en passant par le single Lean On, chanson de l’été 2015 et titre le plus diffusé sur Spotify, jusqu’à son dernier album Encore, n°1 du Top Billboard Dance / Electronic Albums en 2016… La star internationale DJ Snake tenait sans nul doute le haut de l’affiche pour cette sixième journée de Mawazine.

Réuni devant la scène de l’OLM, le public ne s’y est pas trompé, puisqu’il a réservé une véritable ovation à celui qui est devenu un phénomène de la musique électro, multipliant les collaborations avec les plus grands dont Alesia, Kanye West, AlunaGeorge, Major Lazer ou encore Lil Jon.

L’évènement marquant de la soirée, restera sans nul doute l’arrivée surprise de Cheb Khaled sur la scène de l’OLM. Invité d’honneur de DJ Snake, Cheb Khaled a retrouvé le temps de deux chansons son public marocain qui a repris en choeur les tubes “Didi” et “Abdel kader”.

Ovationnée elle aussi, Najwa Karam, surnommée “Le Soleil de la chanson arabe”, a signé son grand retour à Mawazine. Sous les acclamations des festivaliers, la chanteuse libanaise, qui a vendu plus de 60 millions de disques, a offert une prestation mémorable sur la scène Nahda et interprété ses plus belles chansons.

Au même moment, les festivaliers réunis au Théâtre National Mohammed V ont découvert l’incroyable voix de Susana Baca, ministre de la Culture du Pérou depuis 2011, dont la naissance dans un quartier noir près de Lima lui a permis de se retrouver dès son plus jeune âge au carrefour de plusieurs cultures : celles des Andes, de l’Afrique et de l’Espagne. A la croisée des influences, cette situation a irrémédiablement influencé sa musique, qui mêle guitare espagnole, rythmes africains et instruments andins et célèbre la culture populaire des peuples noirs d’Amérique du Sud. La performance exceptionnelle de Susana Baca a reçu un accueil très émouvant de la part d’un public conquis.

Beaucoup d’émotions également sur la scène de Salé, où une programmation dédiée à la musique du Sud a mis en lumière quatre artistes hors normes, dont trois femmes, tous très applaudis : Batoul El Merouani, une native de Laâyoune qui a révolutionné le chant hassani interprété jadis exclusivement par des hommes ; Rachida Talal, qui s’est produite sur des scènes prestigieuses, telles que le Cosmopolite en Norvège, le Capitole en France ou le Palais des Nations en Suisse ; Saida Charaf, qui a partagé la scène avec des artistes de renommée mondiale, comme Jean-Michel Jarre. L’Orchestre Cherkani, mené par le professeur de chant, ténor, arrangeur et compositeur Ahmed Cherkani, était également présent.

Des bonnes vibrations, il y en avait également sur la scène du Bouregreg, où la recette de Baloji, rappeur engagé autant que dandy, a fonctionné à merveille à l’occasion de sa première prestation à Mawazine. Cultivant un style métissé, le poète-compositeur- parolier-scénariste- comédien-interprète- vidéaste-styliste né au Congo et parti en Belgique à l’âge de quatre ans a présenté un mix surprenant d’influences entre les musiques traditionnelles et afro-américaines (soul, funk, jazz), découvertes à travers la culture du sampling et de l’électronique.

Au Chellah, c’est à Ilha Grande, au Brésil, que le public a posé pied pour la suite de la création musicale des îles du monde. Cette chanteuse lumineuse franco-brésilienne, qui se situe quelque part entre Billie Holiday pour l’intériorité de son chant et Tania Maria pour l’énergie joyeuse et le sens du rythme, a charmé l’audience par l’enchantement de ses qualités vocales, le timbre de sa voix et sa présence rayonnante. Son répertoire a fait voyager les spectateurs de la bossa nova aux rythmes contemporains, à travers les compositions de son père qui ont bercé son enfance. Un magnifique périple au cœur des racines brésiliennes.

Enfin, comme il est de tradition, Mawazine a aussi investi pour cette sixième journée les rues de Rabat et de Salé avec des fanfares et spectacles de rue qui ont réuni les troupes marocaines Les Tambours du Maroc et Casa Fiesta.

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