Nigeria : L’armée en guerre contre les raffineries illégales

Remi Fadairo, commandant au sein de l’armée nigériane, pointe le doigt en direction d’un large nuage de fumée noire qui s’élève au dessus du Delta du Niger: une raffinerie artisanale de pétrole.

« Allons-voir si on peut en faire notre dîner, de ces trafiquants! » ricane-t-il.

Le colonel de 44 ans a les épaules larges et traîne sa fatigue dans des bottes en caoutchouc, enfoncées dans la boue noire d’une terre engluée de pétrole.

La Force Conjointe de l’Opération « Delta sécurisé » sillonne les immenses marécages de la région de Port Harcourt (sud-est) pour protéger la richesse la plus précieuse du Nigeria: ses infrastructures d’hydrocarbures.

L’année dernière, des groupes armés ont attaqué sans relâche oléoducs et plateformes pétrolières, promettant de mettre l’économie du Nigeria à genoux. La production a chuté jusqu’à 1,4 million de barils par jour (contre 2,1 en moyenne), et a entraîné le géant africain dans une grave récession.

Abuja s’est engagé dans des négociations avec les rebelles, et les sabotages ont cessé. Mais pour les troupes restées sur place, le combat est loin d’être fini. Il est juste différent.

La priorité de l’armée désormais est de faire la guerre aux raffineries artisanales et illégales, qui sont, selon elle, la principale source de financement de ces groupes ultra-perfectionnés.

« Les deux sont liés. Quand ils ne font pas exploser les infrastructures en signe de rébellion, ils font ça », explique le colonel Fadairo, les pieds toujours embourbés dans le pétrole.

Des sachets vides d’alcool, des paquets de nouilles chinoises et des mégots de cigarettes flottent toujours dans des flaques de pétrole irisées. Les derniers restes des trafiquants de l’or noir.

« On détruit leurs installations, mais ils reviennent toujours », se désole le colonel Fadairo.

(LeRelais avec AFP)

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